Comment aborder le sujet du suicide avec un adolescent ?

Selon l’OMS, le suicide est l’une des principales causes de mortalité chez les jeunes de 15 à 19 ans dans le monde. Elle rime avec des souffrances silencieuses, des appels à l’aide étouffés, voire un entourage démuni face à la détresse. En tant que parent, aborder ce sujet avec les jeunes enfants permet de créer un espace de dialogue où ils pourront exprimer leurs idées noires sans craindre d’être jugés, incompris ou punis. Découvrez comment aborder ce sujet avec bienveillance, intelligence et efficacité.

Choisissez le bon moment et le bon cadre


Le moment et l’environnement sont des facteurs qui peuvent influencer la qualité de la discussion. Idéalement, les moments de tension ou les situations de stress sont proscrits. Évitez également les cadres trop formels. C’est l’une des solutions préconisées par la prévention avec Assurance Prévention.

Optez pour un moment calme dans une ambiance propice à la confidence. Ce peut être lors d’une promenade, d’un trajet en voiture ou d’une soirée à la maison. La conversation doit être le plus naturel possible. Elle ne doit pas prendre l’allure d’un interrogatoire. L’idée n’est pas de forcer la parole, mais d’ouvrir une porte.

Utilisez les bons mots pour créer le dialogue

Un adolescent en souffrance a besoin de sentir qu’il est pris au sérieux, sans que son mal-être ne soit minimisé ni dramatisé. Comme approche, vous pouvez opter pour : « Je voulais te parler d’un sujet important… Est-ce que ça t’arrive de te sentir vraiment mal, au point de ne plus avoir envie de continuer ? ». « Je m’inquiète pour toi. Si un jour, tu ressens quelque chose de trop lourd à porter, sache que tu peux m’en parler sans peur d’être jugé. ». Évitez les phrases comme :

  • « Tu n’as pas de raison d’être déprimé » ;
  • « Tu es jeune, tu verras, ça passera » ;
  • « Tu veux juste attirer l’attention ».

Ces réactions peuvent provoquer le silence et la honte, ce qui pousse généralement les adolescents à se renfermer.

Soyez à l’écoute et encouragez les émotions


Ne pensez pas immédiatement à rassurer, expliquer ou relativiser. L’adolescent a besoin en premier lieu d’être écouté jusqu’au bout. Alors, laissez-le s’exprimer, même si ses mots sont durs à entendre. Montrez-lui que vous êtes là, prêt à l’écouter. Vous pouvez utiliser des silences attentifs, un regard doux ou encore un « je comprends ».

Il faut noter que les ados sont, pour la plupart, confrontés à une pression de performance scolaire, sociale ou familiale. Leur détresse peut venir de la sensation de ne jamais être assez bons, assez aimés ou assez forts. Encouragez-les à exprimer leurs émotions au lieu de les étouffer. Faites-leur savoir qu’il est normal d’être triste, fatigué ou même en colère. Aidez-les à se rendre compte que demander de l’aide n’est pas de la faiblesse, mais plutôt un acte de courage.

Offrez une présence bienveillante sur le long terme

La prévention du suicide chez les jeunes ne se limite pas à aborder le sujet une seule fois. Assurez-vous de construire une relation de confiance dans la durée. Cela passe par des moments partagés ensemble faire des activités, jouer ou avoir des discussions sans enjeu.

Manifestez également des signes d’affection réguliers et accordez des attentions sincères. Par exemple, demandez souvent à votre adolescent comment s’est passée sa journée ou ce qui le préoccupe. Le plus important n’est pas d’avoir les bons mots à l’instant T, mais d’être un repère stable.

Sollicitez des professionnels


Même si cela vous semble flou ou ponctuel, les pensées suicidaires exprimées par un ado ne doivent pas être prises à la légère. N’attendez pas forcément une situation de crise avant de proposer la consultation d’un professionnel de la santé mentale.

Vous pouvez faire appel à un psychologue, un pédopsychiatre, un infirmier scolaire, etc. Vous pouvez aussi en parler à un médecin traitant ou à une structure d’écoute spécialisée. En France, vous avez les dispositifs comme Fil Santé Jeunes ou le numéro national de prévention du suicide pour un accompagnement professionnel.

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